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Rédiger les statuts d'une association en Suisse : ce qu'il faut prévoir
9 août 2026

Fonder une association en Suisse est simple : il suffit de statuts écrits, d'une volonté commune et d'une assemblée constitutive. C'est précisément cette simplicité qui pousse à bâcler les statuts — et à découvrir trois ans plus tard qu'ils ne permettent pas de trancher la situation qui se présente.
Le but : la clause la plus importante
Le but de l'association détermine tout le reste : ce qu'elle peut faire, ce qu'elle ne peut pas faire, et parfois son traitement fiscal.
Deux erreurs symétriques. Un but trop étroit (« organiser le festival X ») enferme l'association dès que l'activité évolue et impose une modification statutaire. Un but trop large (« promouvoir la culture ») ne dit rien et complique les demandes de soutien, qui exigent souvent une finalité identifiable.
La bonne formulation nomme un domaine et un mode d'action, en laissant de la marge : le domaine est stable, les activités concrètes ne le sont pas.
Les membres : entrée, sortie, exclusion
C'est la source la plus fréquente de conflits. Les statuts doivent prévoir :
- les catégories de membres, s'il y en a plusieurs (actifs, passifs, de soutien, d'honneur) et surtout lesquelles disposent du droit de vote ;
- la procédure d'admission : qui décide, sur quelle base, et si un refus doit être motivé ;
- la démission : forme et délai ;
- l'exclusion : qui la prononce, pour quels motifs, avec quelle possibilité de se déterminer avant la décision.
Une association sans clause d'exclusion praticable se retrouve démunie le jour où elle en a besoin.
Les organes et leurs compétences
L'assemblée générale est l'organe suprême ; le comité assure la direction. Encore faut-il écrire qui fait quoi.
Les points à trancher explicitement : la composition minimale et maximale du comité, la durée des mandats et leur renouvellement, la fréquence des assemblées, les modalités de convocation et le délai, le quorum, les majorités requises selon les objets, et — souvent oublié — le mode de signature qui engage l'association.
La règle de signature collective à deux évite bien des difficultés ultérieures avec les banques et les partenaires.
L'organe de contrôle
Beaucoup de petites associations s'en dispensent. C'est un choix défendable, à condition qu'il soit écrit. Prévoir au minimum un ou deux vérificateurs des comptes, avec la mission de présenter un rapport à l'assemblée, protège autant le comité que les membres.
Cotisations et ressources
Les statuts fixent le principe des cotisations et l'organe compétent pour en arrêter le montant — presque toujours l'assemblée. Y inscrire un montant en francs est une mauvaise idée : chaque ajustement imposera alors une modification statutaire.
Il vaut mieux mentionner les autres ressources possibles (dons, subventions, produits d'activités) pour éviter toute discussion sur ce que l'association a le droit d'encaisser.
La responsabilité
Une clause précisant que les engagements de l'association ne sont garantis que par sa fortune sociale, à l'exclusion de la responsabilité personnelle des membres, est brève et rassure tout le monde. Son absence inquiète les nouveaux membres du comité.
Dissolution et sort de la fortune
La clause qu'on écrit sans y croire, et qui finit par servir. Elle indique qui peut décider la dissolution, à quelle majorité, et surtout à qui revient l'actif restant.
Pour les associations qui visent une exonération fiscale, cette clause est déterminante : l'actif doit généralement être attribué à une entité poursuivant un but analogue, et non réparti entre les membres.
Modifier les statuts plus tard
Prévoir enfin la procédure de révision : majorité requise, mention obligatoire à l'ordre du jour, éventuel quorum renforcé pour le but et la dissolution. Sans cette clause, chaque révision commence par une discussion sur la manière de réviser.
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